Se sentir rejeté, c’est une vraie douleur

Dans une situation de rejet, le cerveau va réagir comme lorsqu’il est confronté à une douleur physique.


C’est ce qu’a observé cette équipe de l’université du Michigan. Comment ? En réalisant une expérience aux résultats très étonnants. Des volontaires (adultes) ont été recrutés. Il leur a été demandé de s’installer devant un écran d’ordinateur sur lequel se sont affichés les profils de plusieurs centaines de membres (fictifs) d’un site de rencontre. Phase deux : chacun devait sélectionner les candidats qui l’attiraient le plus. Trois : alors que leur activité cérébrale était scrutée par imagerie médicale, on les a informés que les personnes qu’ils avaient choisies n’étaient pas intéressées.

Et que constate-t-on ? Que dans cette situation de rejet, le cerveau libère des opioïdes – des antidouleurs -, en particulier dans les zones associées à la douleur physique. En d’autres termes, les voies cérébrales activées en cas de douleur physique ou sociale sont les mêmes.

Les chercheurs ont également remarqué que les individus à forte capacité de résilience (surmonter le traumatisme) sont ceux qui produisent, à ce moment-là, le plus d’opioïdes. Selon les auteurs, il est possible que les personnes les plus exposées à la dépression et à l’anxiété soient moins en mesure de bénéficier de l’action « antidouleur psychologique » de ces substances cérébrales, en étant dès lors davantage affectées dans les moments de détresse. Il est à noter que ces opioïdes interviennent également dans la réaction de plaisir : un déficit ne permettrait pas d’apprécier aussi intensément les événements positifs.


Les chercheurs considèrent que ces découvertes ouvrent des voies pour la mise au point de nouveaux traitements de l’anxiété et de la dépression.

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