Femmes diabétiques : une sexualité moins satisfaisante


Le diabète, connu comme facteur de risque de dysfonction érectile, influe négativement sur la satisfaction sexuelle des femmes.


Des chercheurs de l’université de Californie (San Francisco) ont procédé auprès d’un panel de quelque 2.300 femmes (âgées de 40 à 80 ans) : 22% étaient diabétiques (6% sous insuline) et 64% (diabétiques et non diabétiques) ont déclaré une activité sexuelle au cours des trois mois précédents. Les auteurs ont comparé la fréquence des relations sexuelles, le degré de satisfaction globale, ainsi que la présence de troubles sexuels (sécheresse vaginale, peu ou pas de désir, absence d’orgasme, douleurs…).

Cinq observations majeures ont été dégagées.

• La probabilité d’exprimer une insatisfaction sexuelle s’avère considérablement plus élevée chez les femmes diabétiques (surtout celles sous insuline, mais pas seulement, loin s’en faut).
• Après ajustement des autres facteurs de risque, aucune différence significative n’est signalée en termes de désir sexuel et de fréquence de l’acte entre diabétiques et non diabétiques.
• Les patientes traitées par insuline s’exposent à un risque deux fois plus important (par rapport aux non diabétiques) de présenter une sécheresse vaginale ; alors qu’elles rencontrent beaucoup de difficultés à atteindre l’orgasme.
• Les complications du diabète sont associées à une fonction sexuelle diminuée.
• L’étude ne fait pas la distinction entre diabète de type 1 et 2, sachant cependant que la majorité des patientes présentaient un type 2.


« Des études précédentes ont suggéré que les facteurs psychologiques jouent un rôle dans la dysfonction sexuelle chez les femmes diabétiques », commente Santé Log. « Celle-ci n’a pas évalué l’impact de la dépression, mais constate, après ajustement, que l’association diabète et troubles sexuels est indépendants de la thérapie contre la dépression » (un critère indirect, donc, mais pertinent). « L’évaluation de la fonction sexuelle des femmes diabétiques apparaît donc essentielle dans la préservation de la qualité de vie et de l’équilibre de ces patientes », concluent les auteurs dans un article publié par la revue « Obstetrics and Gynecology ».