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Près de 24 000 Canadiens sont morts alors qu’ils étaient sur une liste d’attente médicale

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos et qui met en lumière les failles béantes du système de santé au Canada. Entre le 1er avril 2024 et le 31 mai 2025, 23 746 patients canadiens ont perdu la vie alors qu’ils attendaient de recevoir un traitement médical ou une chirurgie, selon les données officielles compilées par l’institut de recherche Second Street.

Si ce rapport annuel ne précise pas les causes exactes de chaque décès, des experts et militants tirent la sonnette d’alarme : une part importante de ces patients pourrait avoir eu recours à l’euthanasie (l’Aide médicale à mourir) faute d’avoir pu être soignée à temps.

Attendre des soins… ou choisir la mort ?

Le cœur du débat repose sur la législation canadienne entourant l’aide médicale à mourir. Contrairement à d’autres pays, la loi au Canada n’impose pas au patient d’avoir tenté tous les traitements efficaces disponibles avant de demander l’euthanasie, et celle-ci n’est pas définie comme un « dernier recours ».

Pour être éligible au « Volet 1 » (sans période de réflexion), il suffit de souffrir d’une condition terminale, un terme qui reste flou dans la loi et qui peut englober des maladies chroniques comme le diabète. Le « Volet 2 », destiné aux maladies graves et irrémédiables, impose quant à lui un délai d’attente de 90 jours.

Selon les estimations du secteur, environ 17 700 Canadiens ont eu recours à l’euthanasie en 2025, soit une hausse de 7 % par rapport à l’année précédente. Le pays a d’ailleurs franchi la barre symbolique des 100 000 décès par euthanasie depuis sa légalisation.

Des chiffres officiels pourtant sous-estimés

Plusieurs analystes redoutent que la détresse causée par les délais interminables pour obtenir une opération ou un diagnostic pousse certains malades à « choisir » d’abréger leurs souffrances.

De plus, le rapport de Second Street précise que le chiffre de 23 746 décès est largement sous-estimé. En effet, toutes les provinces n’ont pas partagé l’intégralité de leurs données, et certaines n’ont comptabilisé que les personnes en attente d’une chirurgie, omettant celles qui attendaient de simples examens diagnostiques vitaux.

Cette situation dramatique relance plus que jamais le débat éthique et politique sur le droit à l’accès aux soins face au droit de mourir dans la dignité.

Source: lifenews.com

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